Véronique LAMARE

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Déplacer des Jardins

Née à Paris, Véronique Lamare vit et travaille à Bordeaux.

Elle est diplômée de l’université Lumière Lyon 2 (maîtrise psychologie clinique) et de l’école des Beaux-arts de Bordeaux (DNSEP).

« La démarche artistique que je développe depuis plusieurs années s’élabore à partir d’une recherche personnelle qui vient questionner l’expérience « d’être un corps ».

Un corps en mouvement qui se construit par accumulation d’expériences, en interaction permanente avec son environnement.

Ayant toujours habité les grandes villes, mon travail s’est assez naturellement développé au cœur de l’environnement urbain. Progresser dans la matière urbaine suivant un cheminement autre que les voies déjà tracées et les circulations imposées pour emprunter des chemins moins fréquentés, traverser des terrains laissés vacants, espaces reconquis par la nature, m’entraînant jusqu’aux frontières de la ville. Des jardins d’une nature sauvage, libre, indomptée, qui offrent encore quelques échappées pour le regard, la contemplation, le répit, quelques ouvertures sur l’horizon, des surfaces de projection, des parcelles d’imaginaire.

Déplacer des jardins est une proposition au long cours, à la fois par ses différentes phases d’élaboration et par sa durée propre de développement. Elle convoque différents temps, mais également différentes formes (performances, séries photographiques, installations), un processus permettant ainsi plusieurs entrées et différents niveaux de lecture. 
La réalisation de tapis-jardins, à partir de laine de récupération et de végétaux collectés, sur un métier à tisser fait également de matériaux de récupération, en constitue l’étape initiale.
Le tapis assure ici à la fois une fonction symbolique, convoquant les espaces hétérotopiques développés par Michel Foucault : « Le jardin, c’est un tapis où le monde entier vient accomplir sa perfection symbolique, et le tapis, c’est une sorte de jardin mobile à travers l’espace. Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde. » et d’essaimage : ces tapis-jardins-imaginaires, manipulés, déplacés, déployés, vont emporter et transporter en eux-mêmes, s’agrippant à leurs fibres, un peu de la diversité du vivant, tout comme ils vont déposer, laisser échapper herbes, graines, insectes, d’un terrain à l’autre. »

http://veroniquelamare.fr